Adieu les cons

posté le
9/12/2021

Nous y voilà.

Alors que la campagne présidentielle s’apprête à commencer, la gauche présente assez de candidats pour monter une équipe de foot, la droite vient enfin de se trouver un candidat après 8 mois passés à trouver comment le désigner, et l’extrême-droite avance en rangs dispersés avec pas moins de 4 prétendants possibles.

Bref, pour chaque camp, presqu’une année entière perdue à chercher le nom unique qui pourrait les faire gagner pour en arriver là…

Les cons.

Pourtant, nous ne doutons pas de nos politiques; nous ne questionnons même pas leur intelligence ni leur sincérité; nous nous demandons simplement pourquoi ils continuent à s’adonner à ce jeu-là.

L’élection présidentielle est ainsi faite que l’électorat est un gâteau de voix qui se partage entre les candidats. Un vote donné à l’un est un vote qui ne va pas à l’autre. C’est la règle.

Donc plus il y a de candidats, plus les parts de gâteau risquent d’être petites.

Implacable.

Ça, nos politiques l’ont bien compris, ils ont Bac+5 et des intérêts, ils maîtrisent très bien ces choses-là. Alors tous les cinq ans les voilà repartis gaiement à jouer… aux cons.

La crise sanitaire, la précarité sociale, l’urgence climatique… rien ne les fera dévier. On se déchire entre copains pour siphonner des voix, on s’accommode des thèmes des adversaires pour ratisser large, on reste le nez collé aux sondages pour être certain d’être bien placé…

Bref, on se rabaisse à des jeux tacticiens petits bras qui ne mènent nulle part.

Et nous les électeurs ?

Après tout, nous décidons, il ne tient qu’à nous de changer tout ça.

Et… non.

On s’époumone à demander des unions qui n’arrivent jamais, on laisse nos convictions mourir sous les coups du vote utile, et on finit fanatique de Saint-Ipsos qui chaque semaine balance sa prophétie.

Les cons.

Franchement, dans ce bordel géant, l’un de nous s’attend-il vraiment à ne pas être déçu ?

Et pourtant.

Ce n’est pas nous le problème. Ce n’est même pas eux. Ce sont les règles du jeu.

Dit autrement, le mode de scrutin.

Ce système de vote complètement con basé sur la dispersion des voix et qui enferme les candidats dans des jeux de posture stériles pour accéder au second tour.

Dans cette compétition, le fond n’a que peu d’importance. Les idées, les projets (on n’ose même plus parler de convictions) sont relégués au second plan.

Car il faut bien comprendre une chose : le mode de scrutin n’est pas un simple système de choix collectif, c’est la STRUCTURE MEME DE LA VIE POLITIQUE du pays.

On ne joue pas au foot comme on joue au rugby, pour la simple raison que les règles sont différentes. On ne fait donc pas de la politique de la même façon si les règles pour désigner le vainqueur changent.

Alors, vous voulez transformer la politique rapidement et en profondeur ?

Pas besoin d’une 6ème République ou de réformes institutionnelles profondes - autant de sujets sur lesquels il serait long et compliqué de s’entendre -, gardons le système tel qu’il est pour le moment et changeons uniquement le mode de scrutin.

Car les alternatives existent.

Et notamment le Jugement Majoritaire. Ce système devote permet à l’électeur d’évaluer indépendamment chaque candidat et son programme. La présence ou l’absence d’autres candidats n’a aucune influence sur le vote.

Résultat : plus de dispersion des voix, plus de vote utile et donc plus besoin de jeux politiciens.

Un nouveau monde, en somme.

Alors, si nous ne voulons plus que l’élection présidentielle soit tous les cinq ans ce Dîner de Cons auquel nous sommes tous conviés, une solution simple, rapide et profitable à tous : changeons le mode de scrutin.

Et enfin... Adieu les Cons ! 

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